Au départ :
- Aider à définir la stratégie de départ. C’est le gros morceau, mais comme c’est avant le départ, j’en prendrai une part importante. L’idée, c’est de se dire si je pars à égalité avec un autre bateau sur des bords miroir (ne pas considérer la ligne) de 1 minute (2’ – 3’ - layline), je vais gagner et si oui combien. Si c’est oui et beaucoup ça devient un élément important du choix du côté.
- Puis on discute de la ligne et son gain
- Puis de la capacité du bateau dans les conditions à pousser ou griller du temps.
- En fonction des ces éléments, on va choisir une hiérarchie de position A et B voir C (moindre mal).
- Il y a donc plusieurs calls au départ :
- « il faut la droite » ou « il faut la gauche » (de l’adversaire ce qui veut dire qu’il y a un gros gain à attendre de l’option). Là en général les deux bateaux sont au courant et ça va « fighter ».
- « plutôt la droite » ou « plutôt la gauche » (de l’adversaire ce qui veut dire que s’il y a une opportunité elle viendra de ce côté mais soft ne pas compromettre le départ pour ça).
- « best start » ou « best start sans perdre la ligne (gauche ou droite) » signifie que le gain stratégique n’est pas significatif et que l’objectif c’est de bien sortir de la ligne.
- C’est très visuel le match race, je mets dans ma tête une position et je vois les images de la mise en place pendant la procédure c’est comme aux échecs tu as uns stratégie pour arriver à un « échec » tu as une entrée et ça déroule jusqu’à la position finale.
- Changer la stratégie si nécessaire si le vent tourne complet où quelque chose de gros se prépare ou que quelque chose de gros était attendu et tu réduis la voilure me disant par exemple « best start plus vraiment de côté » là ça m’aide beaucoup. Ou « attention la ligne devient gauche ». Essai de déterminer quand je peux encore avoir les deux côtés (demande) avant de changer le call.
- Nous positionner sur les laylines au départs (moi je regarde derrière). Là on en parlera sur place c’est plus simple. Les calls sont
- Exemple - 2 au-dessus du comité (en bab inclure l’empannage) Cette layline comité est super mais super importante quand est en bâbord et que tu t’éloigne d’elle. Pense que si le vent baisse dans la dernière minute de me le dire et de rectifier pour le vent qu’on va avoir au retour.
- En tribord Layline com – une dessous com - deux dessous com – on peut plus le sortir - ou il peut plus nous sortir gros call (du comité face au vent) – milieu ligne – une au dessus du pin - layline pin - une sous pin - deux sous pin - on fais plus le pin (face au vent).
- Quand on a comme objectif droite la layline bâbord comité est aussi très bien venue.
- Identifier si le vent va monter, baisser, tourner et ce qui peut changer le retour timing voir la stratégie (position de départ).
- Statuer sur le gain ligne dans les 2 dernières minutes très important !!!
- Rappeler l’objectif défini à 2’ du départ si ça châtaigne et que je suis fatigué il m’arrive de l’oublier.
Au près :
- Tu nous positionnes sur le parcours.
- Par exemple on est en bâbord si on entend (Layline 7 – 15) ça veut dire 7 longueurs en bâb sur le bord où l’on est 15 en tribord. Ce sont des estimations (pas de stress) qui donnent une proportion. Cela doit devenir plus précis quand on se rapproche des côtés.
- Plus on se rapproche des layline plus tu les annonces à un rythme élevé. Ce que je veux entendre c’est « layline 5 » et pas l’inverse car on n’entend que layline et on fait répéter le chiffre.
- Chaque croisement doit être préparé.
- Avec une position « layline 7-15 » suivit d’un côté si tu penses qu’il y un gain sur un côté envisagé.
- Dans le reste des cas qui doit être très élevé (c’est vraiment important de déterminer s’il y a un truc à gagner sûr ou rien à jouer) tu dis « pas de côté ». L’idée c’est que je joue le bateau à bateau et le petit côté s’il n’y a rien à jouer. C’est affreux de jouer un truc qui n’arrive pas alors que juste en contrôlant et gardant la droite dans 80% de cas tu gagnes les matchs.
- Si tu vois un truc à gauche faut vraiment que ça gagne. Tu peux te tromper à droite, mais n’annonces pas la droite si tu ne vois rien, je sais que ma solution par défaut sera de garder la droite. Tu ne parle que tu vent dans l’idée si on fait un miroir d’ici est ce qu’on va gagner et combien.
- J’ai un ensemble de schémas mécaniques que je peux appliquer en fonction d’où l’on est sur le parcours, la force du vent, et le bateau. Je sais que ces schémas vont marcher si le vent ne tourne pas de façon importante. J’attends de toi que tu me guides pour oui ou non appliquer ces schémas ou jouer le vent. Fastoche.
- Ça reste de la régate si tu lis le vent et que ça gaze tu vas gagner. Mais tu peux aussi gagner sans lire le vent. J’espère que je suis clair mais on aura l’occasion d’en reparler.
- Évalue les gains potentiels.
« Gros gain à gauche » « Peut être la gauche » « Pas de côté»
- Si tu as le sentiment qu’en régatant et en oubliant l’adversaire on va gagner sûr à 100% tu dis « on régate » et tu prends le lead. C’est quand on est devant et l’on ne se préoccupe plus de l’adversaire, c’est juste toi et le vent.
- Il y a des conditions où il faudra régater, shifty, petit temps etc… Là c’est moi qui te le proposerai.
Au portant :
- Avant le départ en fonction du bateau et des conditions, on définira comment on attaquera et comment on défendra au vent arrière.
- Définir avant la marque au vent les proportions du vent arrière toujours en commençant par le bâbord. « Vent arrière 30 – 70 » ça veut dire que le bâb (30 longueurs) est plus court.
- Quand on parle de la pression l’on regarde face au vent.
- Quand on parle du « Gate » on parle en regardant vers les bouées - gauche droite.
- Quand on parle du vent au VA on parle droite gauche en regardant le vent et pas ados refus. « C’est de la gauche » (J’y arrive pas et c’est à l’envers en anglais…).
- Si c’est un seul bord très important de faire un « gros warning »
En général :
- Tête froide calme rappeler les éléments évidents quand ça chauffe (on a une péno à faire ou il a une péno, gros gain ligne, on veut pas perdre la droite attention pas de péno).
- Accepter que je fasse d’autres choix que les tiens quand je sens autre chose. Me laisser jouer, je suis un barreur tacticien. M’interroger me donner des possibilités et me demander de trancher si pas sur.
- De ce fait il n’y aura pas de reproches sur un truc que tu n’auras pas vu. Il n’y a pas de pression sur tes informations ou tes choix car ce sont aussi mes choix et je les assume.
- Quand je ne suis pas content de moi je peux « occasionnellement monter dans les tours » je suis assez calme et discret sur le bateau mais des fois faut que ça sorte !!! Ce n’est jamais tourné vers quelqu’un d’autre que moi et par expérience quand je suis trop calme et que je me contiens car je ne connais pas les gens ou que je sais que je les perturbe alors ça ne va pas du tout je ne suis pas bon et je reste dans le flou. Il faut que je me mette en colère que je redevienne « méchant ». Il faut juste laisser passer puis, aide moi à revenir dans le jeu et montre que tu (vous) êtes aussi à « fond » avec une phrase du type.
- « OK Philippe c’est passé, on part de là, ça joue on s’accroche » avec un ton apaisant.
- Si je demande trop d’infos et que je te fais chier sur des détails, c’est que je ne suis pas dans le match. Dis-moi de regarder, ou remet moi dans l’observation en me demandant mon avis voir fais le remarquer.
- Je veux qu’on détermine s’il y a un vrai truc à gagner au niveau stratégie, si non 80% des annonces seront « best start » et je me démerde. Après on peut jouer. Si non je vais trop forcer pour gagner le côté et s’il ne passe pas c’est dur s’il y a eu une opportunité de gagner le départ. Souvent c’est le premier croisement qui conditionne le match et ça peut se faire 10 sec après le départ. Si t’es un peu devant ça peut suffire.
- Dans certains cas tu gagnes le côté dans des situations tellement défavorables que tu ne profite pas de l’option.
- Pour finir et plus que toute chose. Ne me « rentre pas dedans », je ne suis pas équipé pour subir des agressions à l’intérieur de l’Équipe. On peut débriefer sur l’eau, mais il faut vraiment que cela reste dans le positif et le constructif pour gagner en efficacité. À terre on peut aller plus loin bien sur mais j’ai vraiment du mal à vivre les conflits. Je suis assez apaisant et cherche que les gens soit bien. Mais si je me fais bouger à l’intérieur de l’Équipe je suis très mal à l’aise et je joue mal. Ou alors il faut que je m’organise avant et que je me blinde mais ça me coûte. J’arrive à naviguer avec des cons mais que c’est dur…
- Les adversaires, c’est OK j’arrive à me blinder.
- Les arbitres, c’est moi et moi seul qui leur parle sur l’eau !!! Il y a des stratégies et je suis garant de ces stratégies c’est un jeu sur du long terme qui engage une certaine crédibilité. Ça peut aussi éviter des débordements évitables voir des 69… Le match race peut être un sport assez frustrant mais c’est surtout un jeu sympa et intense. C’est un sport arbitré et il faut que quand l’arbitre donne un call, il ait en tête que tu n’es pas un « pinpin » et qu’il risque à avoir à se justifier en face de ses collègues (qui le note par ailleurs) des choix qu’il va faire. Il doit savoir que tu connais les règles aussi bien voir mieux que lui et avoir peur de tes remarques techniques. Si c’est le cas tu vas avoir une bonne probabilité de situations indécises pour toi.
- Pour cela il faut que tu le lui montres et en premier lieu dans les débriefs sur l’eau et à terre que tu gardes ton sang froid et que tu lui pose les bonnes questions. Si trop d’agressivité tu perds le crédit et tu n’as plus accès à ce qui vraiment peut les influencer.
C’est bien entendu un doc. qui reste à l’intérieur de l’équipe et qui a pour but de mieux définir mes attentes vis à vis du tacticien et qui peut aussi être utile pour tous pour aider à guider les choix pour voir des situations ou réguler si ça coince.
Ciao
PhP
vendredi 22 mai 2009
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